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Pendant près de deux cents ans, la famille Brun s’est illustrée à Arre, se succédant de père en fils, maires du village et responsables d’une importante manufacture, ils contribuèrent fortement à la prospérité et au développement de la région. D’une petite entreprise artisanale, les établissements Brun d’Arre devinrent une affaire aux dimensions Internationale.

A l’affût des inventions prodigieuses de l’époque : machine à vapeur, électricité, perfectionnement du matériel, sachant former et intéresser le personnel à toutes ces nouveautés, ils participèrent aux expositions internationales en France et à l’étranger, et furent plusieurs fois récompensés aux Expositions Universelles. Les établissements Brun d’Arre employèrent plus de 1200 ouvriers et ouvrières bénéficiant d’œuvres sociales en avance sur leur temps.

En plus de la qualité de leurs produits et de la notoriété des Bas Lys,

Influencées par le catholicisme social de René de La Tour du Pin et de son disciple Albert de Mun, les différentes générations de la famille Brun vont pouvoir assurer dès 1740 le bien-être de la population locale en développant et en créant à Arre (mais aussi au Vigan), les infrastructures d’une cité harmonieuse, sorte de phalanstère cévenol à l’échelle d’un village :

– 100 appartements à loyer gratuit
– 300 jardins pour les ouvriers
– une cantine servant les repas de midi, une bibliothèque
– un foyer de femmes-filles à Bez et au Vigan
– un stade de football au Vigan avec soutien financier
– un terrain de pétanque à Arre
– sociétés musicales, au Vigan, à Bez et Arre

Une autre époque, en comparant aux milliardaires d’aujourd’hui…

En 1849, Louis Brun fils écrit au Président Jules Grévy : « Enfant du peuple, sans autres ressource que mon intelligence, mon travail et mon économie, j’ai pris la ferme résolution de redresser l’état de mon pays malheureux en raison de la maladie des vers à soie et de la vigne. Je l’ai doté d’une industrie nouvelle capable de donner l’aisance à tant de bras »

La famille Brun vivant elle-même dans une demeure intégrée à la manufacture.
Le Bas Lys est créé en 1908, il s’agit alors de la première marque déposée pour un objet de fantaisie. La fleur de lys est stylisée par Augustine Louvier, ouvrière d’Aumessas. Elle symbolise à la fois l’absence de couture (bas lisse), l’excellence et le raffinement (le lys emblème de la France). Ce que résume parfaitement le slogan d’alors : «Il n’est jambe de princesse que le bas Lys ne caresse».
L’entreprise familiale fondée par les Brun d’Arre occupait vers 1890 près de 1 300 personnes et fabriquait les bas de marque «Lys», première marque créée pour un article de fantaisie.
L’usine de bonneterie de soie et de coton Brun, puis Brun d’Arre : Une première usine de bonneterie est mise en service en 1867 par Louis Brun (roue hydraulique), l’usine était équipée de métiers mécaniques Paget (vers 1880, elle avait des métiers Cotton à 6, 8 et 10 têtes).
En 1878 l’entreprise est passée entre les mains d’Antoine et Paul Brun, puis à Antoine Seul.
Les ateliers ont connu une importante expansion avec l’ajout d’une machine à vapeur, de l’éclairage électrique, d’un château (logement patronal en 1899) et d’une dizaine de maisons pour le personnel, ainsi qu’une église..
En 1899 est effectuée la construction du « château », puis une dizaine de maisons pour le personnel.
En 1908, la marque « Le Bas Lys » a été créée, ce qui était la première marque déposée pour un objet de fantaisie en France. 
En 1912 : l’entreprise s’est diversifiée dans la production de bonneterie en soie, fil d’Écosse et coton, ainsi que dans la teinture et le blanchissage, l’impression.
En 1932, Marcel, René et Albert Brun ont créé la SARL des établissements Brun d’Arre, qui est devenue plus tard la SA Le Bas Lys.
De nouveaux agrandissements ont eu lieu en 1938, 1947 et 1950, y compris un deuxième logement patronal et de nouveaux ateliers couverts en sheds côté est.
Dans l’entre-deux guerres, ce sont encore plus de 600 personnes qui y travaillent.
L’activité bonnetière ralentissant, les établissements s’orientent vers la teinturerie jusqu’en 2005.
Reprise, l’usine ferme peu après.

Généalogie des Brun d’Arre :

  • Pierre père, 21 janvier 1737 (Valcroze) – 3 janvier 1790 (Arre) – Fabricant de bas, régent des écoles
  • Pierre fils, 25 novembre 1764 – 6 juillet 1836 (Arre) – Fabricant de bas, maire d’Arre de 1824 à 1832 (8 ans)
  • Louis père, 10 février 1791 – 17 décembre 1873 (Arre) – Revendeur, Fabricant de bas, maire d’Arre de 1835 à 1855 (20 ans)
  • Louis fils, 14 avril 1825 – 4 mars 1903 (Arre) – Manufacturier, maire d’Arre de 1870 à 1903 (33 ans), Chevalier de la légion d’honneur
  • Antoine, 30 août 1856 – 23 janvier 1907 (Arre) – Manufacturier, maire d’Arre de 1904 à 1907 (3 ans), Conseiller général de 1891 à 1902
  • Marcel, 3 juin 1886 – 14 juillet 1962 (Arre) – Gérant, maire d’Arre de 1912 à 1962 (50 ans), Officier de la légion d’honneur
  • René, 2 juin 1889 – 8 octobre 1936 – Gérant
  • Albert, 11 décembre 1894 – 1 juillet 1961 – médaillé de la grande guerre, Maire du Vigan de 1936 à 1945, Gérant
  • Jacques, 3 mai 1923 – 10 octobre 1996 – Administrateur, Maire d’Arre de 1962 à 1977 (15 ans)
  • Gérard, 22 septembre 1925 – 20 mars 2005 – Administrateur, Maire d’Arre de 1977 à 1995 (18 ans)