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Arre est un village au destin singulier dont l’histoire raconte l’épopée de la soie et de la bonneterie en Cévennes. En effet, c’était depuis la seconde moitié du XiXéme siècle une petite cité industrielle qui réalisait des modèles mondialement connus : les bas et chaussettes de marque Lys, la marque doyenne, la gloire des Cévennes.
Étymologie : Dans les chartes anciennes, le village est désigné  par Ecclesia d’Arri (1225) puis Parrochia Beatoe – Marioe (1263) et enfin Arrium en 1384 lors du dénombrement de la sénéchaussée.
Blason : Le village d’Arre porte de sinople, à une tour d’argent, sénestrée d’un avant mur de même, maçoné de sable.

Histoire

Arre est située sur une des vallées menant des Cévennes au Larzac (soit par Alzon soit par les pentes de la Tessonne) . Ces axes de circulation ont démontré leur intérêt stratégiques à toutes les époques et surtout lors des guerres de religion.
 Le village semble avoir pour origine une fondation bénédictine , comme le prouve la mention d’un prieuré  avec à sa tête Aldebert Bailli en 1212.
Plusieurs lignées seigneuriales s’y sont succédées : les Bérenger de Caladon, puis la famille d’Albignac et enfin les Bastié de Bez (on peut voir le reste du château d’Arre de cette illustre famille juste avant les 3 ponts).

(voir à ce sujet le livre d’un descendant de cette famille, François de Bez, « Portraits des Bastier de Bez » – éditions La colline des Figons – , qui retrace l’histoire de cette famille sur cinq siècles et 13 générations).
Pendant la révolution, le chateau est vandalisé par une troupe de pillards (7 avril 1792).
Du XVIIIéme au XIXéme siècle, Arre est le siège d’une des plus remarquables aventures industrielles françaises : la bonneterie Brun d’Arre, dont l’histoire débute en 1740.
Utilisant toutes les inventions de leur époque : machine à vapeur, électricité…Les successeurs de Pierre Brun vont développer cette activité, la faisant passer avec succès d’artisanat à l’industrie. En 1867, Louis Brun édifie une nouvelle bonneterie, imposant bâtiment qui est complété par des agrandissements en 1878 et 1891.
 La construction de la voie de chemin de fer Le Vigan – Tournemire (1885-1896), donne un nouvel élan et permet de maintenir une production bonnetière importante dans la vallée et à partir de là, de conquérir des marchés à travers le monde.

Influencées par le catholicisme social de René de La Tour du Pin et de son disciple Albert de Mun, les différentes générations de la famille Brun vont pouvoir assurer dès 1740 le bien-être de la population locale en développant et en créant à Arre (mais aussi au Vigan), les infrastructures d’une cité harmonieuse, sorte de phalanstère cévenol à l’échelle d’un village avec des dizaines d’appartements à loyer gratuit, des centaines de parcelles de jardins ouvriers, des cantines, une bibliothèque, des sociétés musicales…
La famille Brun vivant elle-même dans une demeure intégrée à la manufacture. 
Le Bas Lys est créé en 1908, il s’agit alors de la première marque déposée pour un objet de fantaisie. La fleur de lys est stylisée par Augustine Louvier, ouvrière d’Aumessas. Elle symbolise à la fois l’absence de couture (bas lisse), l’excellence et le raffinement (le lys emblème de la France). Ce que résume parfaitement le slogan d’alors : «Il n’est jambe de princesse que le bas Lys ne caresse».
En 1936, est crée la S.A.R.L des établissements Brun d’Arre, qui devient ensuite la S.A.  Le Bas Lys. Dans l’entre-deux guerres, ce sont encore plus de 600 personnes qui y travaillent.
L’activité bonnetière ralentissant, les établissements s’orientent vers la teinturerie jusqu’en 2005. Reprise, l’usine ferme peu après. Elle a été reprise par l’association la Mainlév’ qui y a crée un lieu de rencontres, de découvertes, d’échanges et de création ouvert à tous.

Quelques figures locales

  • Pierre BRUN (1737-1790). Originaire de Valcroze près d’Alzon, ce régent des écoles et fabricant de bas lance l’affaire familiale en achetant des métiers à tricoter qu’il loue à des paysans.
  • Louis BRUN ( 1825-1903). Manufacturier, il introduit des systèmes vapeur et les métiers à tisser les plus modernes. Il fait l’acquisition d’un terrain en bordure de la route de l’Aveyron  et édifie une usine modèle prolongée par la demeure familiale. Il est maire de 1870 à 1903 et chevalier de la légion d’honneur.
  • Antoine Brun (1886-1962). Industriel, conseiller général du canton d’Alzon (1891-1902). Maire d’Arre (1904-1907)
  • Marcel Brun (1886-1962). Industriel, créateur en 1910 de la première marque déposée au monde pour un article de fantaisie : Le Bas Lys. Maire d’Arre (1912-1962) et officier de la légion d’honneur.