Lancé en 1982, l’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) a pour objectif d’identifier et de décrire, sur l’ensemble du territoire national, des secteurs de plus grand intérêt écologique abritant la biodiversité patrimoniale dans la perspective de créer un socle de connaissance mais aussi un outil d’aide à la décision (protection de l’espace, aménagement du territoire).
Cet inventaire concerne, en terre comme en mer, la France métropolitaine et les départements d’outre-mer, ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
On distingue deux types de ZNIEFF :
- les ZNIEFF de type I : espaces homogènes écologiquement, définis par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou d’habitats rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel régional. Ce sont les zones les plus remarquables du territoire ;
- les ZNIEFF de type II : espaces qui intègrent des ensembles naturels fonctionnels et paysagers, possédant une cohésion élevée et plus riches que les milieux alentours.
Cette ZNIEFF est majoritairement recouverte par une forêt d’ubac (hêtraies en partie basse et chênaies en partie haute), en pente, au milieu de laquelle s’insèrent de grandes barres rocheuses calcaires.
Dans la pente, plusieurs sources et suintements ayant pour origine les eaux d’infiltration du causse ressortent au niveau de certaines couches géologiques.
Sur les barres et éboulis calcaires, comme ceux de La Tessone ou autour du Roc de la Femme, des espèces végétales typiques sont relevées telles que :
• l’Ancolie très hirsute Aquilegia viscosa subsp. hirsutissima, endémique française limitée à la région Languedoc-Roussillon. Présente dans moins de quinze communes des Causses méridionaux, des Corbières orientales et du massif du Coronat, elle est protégée sur l’ensemble du territoire
• l’Arabette de printemps Arabis verna
• le Millepertuis à feuilles d’hysope Hypericum hyssopifolium, dont l’aire de répartition est fragmentée en Europe. L’espèce est présente dans la région surtout dans les Corbières et les Causses.
• le Saxifrage des Cévennes Saxifraga cebennensis, endémique des Causses, connue dans une vingtaine de communes de la région.
Sur les roches humides et suintantes, on peut trouver la Grassette des Causses Pinguicula longifolia subsp. caussensis, endémique des Causses présente dans moins de quinze communes de la région.
Les sous-bois de l’ubac de la Tessonne abritent par ailleurs la Pivoine officinale Paeonia officinalis subsp. microcarpa, plante protégée au niveau national.
Pour ce qui concerne la faune, on trouve au niveau des sources et suintements karstiques (vallon de l’Aven Bez entre autres), le mollusque Bythinella avacellensis, espèce torrenticole, habitué des sources et résurgences
La région des grands Causses, en particulier les causses méridionaux auxquels se rapporte le causse de Blandas, constitue un ensemble régional particulièrement original qui abrite un grand nombre d’espèces endémiques. C’est un territoire peu artificialisé aux paysages pittoresques, naturels et sauvages, et qui est caractérisé par une activité principalement pastorale, une très faible densité d’habitations et une rareté de l’eau.
L’apparente uniformité des paysages qui s’exprime par des étendues de pelouses à l’aspect steppique est à nuancer par la présence d’une mosaïque de milieux liés à la dynamique de la végétation et aux usages anthropiques passés et actuels.
A l’aspect désolé et plat des paysages que constituent les parcours à moutons s’ajoutent des milieux particuliers tels que les chaos dolomitiques aux rochers ruiniformes, les dolines généralement cultivées, les mares et lavognes parmi les rares milieux aquatiques rencontrés sur les plateaux des causses. Ce paysage contraste fortement avec les flancs des causses, escarpés et boisés.
Ce territoire est un réservoir très riche et diversifié pour la faune et la flore. Outre de nombreuses plantes endémiques des Causses, il comprend également d’important affleurements dolomitiques qui accueillent des formations végétales et des plantes peu représentées dans la région, de grandes surfaces de pelouses et de fourrés refuges pour une faune abondante, des mares accueillant tout un cortège particulier d’animaux… Ces enjeux sont répartis sur l’ensemble de la zone et ont permis de définir 3 ZNIEFF de type I.
Aux origines, la forêt dominait sur le Causse. Aujourd’hui, suite à la déforestation très ancienne par l’homme et au développement de l’élevage ovin, les principaux faciès de végétation sont dominés par les pelouses sèches. Celles-ci couvrent de vastes surfaces et sont constituées principalement par le Brome érigé (Bromus erectus), ou le Brachypode penné (Brachypodium pinnatum subsp. rupestre) dans les zones de moindre pâturage ou recolonisées par les ligneux.